Anne Cindric : Parte incognita

Après Missing in Action, sa précédente exposition, la peintre Anne Cindric poursuit l’exploration de ses thèmes favoris : les attributs du pouvoir et de la puissance, associés à la complexité ludique d’un monde en perpétuelle évolution. Ses dernières toiles constituent désormais une Parte Incognita, sorte d’invitation à sauter avec elle dans l’ivresse réjouissante de l’inconnu.


Oh, ma chérie  ! Anne Cindric, 2014

Le propre de la créativité serait-il de poursuivre inlassablement une route semée d’embûches, à la croisée permanente des influences et des possibles, où l’enjeu de la nouveauté repose sur l’impératif d’une forme de cohérence ? Affirmer son style, sans s’y enfermer. Voilà sans doute ce qui caractérise Parte Incognita, la nouvelle exposition d’Anne Cindric. On retrouve la même dualité entre féminin/masculin, nouveauté/ancien, académique/subversif que dans ses travaux précédents, la même exigence face aux références pointues qui parsèment ses toiles, la même tolérance accordée à l’interprétation du spectateur, et pourtant, nous voilà face à l’expression de la nouveauté. Le trait est désormais plus affirmé, même s’il reste spontané, dominé par une part d’inconnue et une soif de découverte. Il évite la fabrication, la simple reproduction de ce qui a déjà été réalisé. 
 
Avec ses toiles colorées, inspirées des wax africains, où s’entremêlent chevaliers en armure, icônes populaires, brassage des cultures, évocation du pouvoir politique, diplomatique et financier, Parte Incognita se situe à la croisée des chemins, des continents et des époques. Ce qui séduit avant tout dans le travail d’Anne Cindric, c’est l’expression d’une authentique perplexité face au mouvement perpétuel du monde, révélant l’ambition d’une œuvre dissimulée sous une apparente naïveté. Ici, rien n’est jamais figé. « Mon but est de construire des espaces fictifs, à la fois très reconnaissables, mais qui laissent le spectateur assez perplexe. Chacun fait son choix et suit son propre chemin à travers le tableau. Tout se vaut, à chacun de voir ce qu’il veut » explique la peintre.
 
Parte Incognita exprime l’acceptation du risque, la confiance dans la créativité. Anne Cindric reconnait ne pas savoir « ce que deviendra une toile une fois commencée  ». Elle avance à l’aveugle, dans une peinture savante, très référencée, dont la logique lui apparaît après coup, une fois l’intention posée sur la toile. Voilà peut-être ce qui donne cette force aux cartes maritimes, d’état-major ou de chasse au trésor qui habitent ses tableaux. On y retrouve l’énergie des explorateurs, la candeur des enfants, l’excitation des grands départs, l’élan de ceux qui se dressent face à l’inconnu.

 
 
 

Parte incognita est visible jusqu’au 23 avril à la galerie Laure Roynette à Paris, 20 rue de Thorigny


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Le 11 avril 2014

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