Des marchés colorés, des nuits trépidantes, et surtout une hospitalité souriante. On tombe vite sous le charme de cette capitale avenante qui s’offre sans chichi.

Etal de mangues à Bamako - Yves Hardy
Ici prévaut la convivialité. Dans cette ville-carrefour sahélienne où se mélangent les ethnies, de sonores éclats de rire retentissent à intervalles réguliers dans les rues, seulement couverts par l’intense trafic de vélos, de taxis jaunes qui ont déjà bien vécu et des sotramas, les minibus verts qui filent bondés vers la périphérie. La principale richesse de la capitale – comme du pays – est bien sa population et ses 1,1 million d’habitants. Ce sont eux qui donnent à Bamako son caractère à la fois animé, enjoué et décontracté. Au bout de quelques jours de déambulations d’un quartier à l’autre, vous vous laissez gagner par cette atmosphère bon enfant et ces palabres rigolardes. Et séduire par les assauts d’élégance des habitants. Les magnifiques pagnes bigarrés ou les basins (tissus damassés) des femmes au port altier contrastent avec les larges boubous blancs des hommes. Les uns et les autres sont confectionnés dans les multiples échoppes où s’affairent derrière leur machine à coudre, tailleurs et couturières. Curiosité aidant, on peut partir à la recherche des teinturières locales qui pratiquent l’art du bogalan. Le coton, tissé à la main, est trempé dans une décoction végétale, séché au soleil et décoré avec de l’argile.

La couture, l’un des multiples petits métiers - Yves Hardy
Cavernes d’Ali Baba
Les monuments de la ville offrent eux aussi un bon lot de visites dépaysantes. Le Musée national et sa superbe maquette de la mosquée de Djenné ; le Marché rose, véritable caverne d’Ali Baba, où l’on se perd volontiers dans le dédale des ruelles entre étalages de légumes et fruits frais – succulentes mangues - d’épices ou de poissons séchés ; la Maison des artisans où rivalisent de créativité joailliers, potiers ou maroquiniers. Là, il est possible de faire réaliser sacs en cuir ou chaussures sur mesure, à un « bon prix patron » défiant toute concurrence.
Une fois épuisées les joies du shopping, prenez de la hauteur – et de la fraîcheur – en grimpant, le temps d’une promenade, sur la colline de Koutiala, siège du palais présidentiel. Au gré des courses en taxi, on peut jeter un œil aux audacieux monuments qui ornent les principales places - celles de l’Indépendance, de la Paix, des Martyrs – ainsi qu’à la sculpture en l’honneur du premier président du pays, Modibo Keita. Et faire un stop à la gare de chemin de fer qui accueille le Dakar-Bamako, cher aux nostalgiques des trajets d’avant TGV…
Accompagné par un habitant du cru, on écoutera battre le cœur de la capitale dans les quartiers excentrés. Ainsi, à Moribabougou, dans l’arrière-cour d’une maison, un groupe de femmes pile le fonio en chantant. Ailleurs, à Sangarebougou, l’heure est à la préparation du couscous : toute une famille aidée par les voisines est à la tâche. L’accueil est chaleureux… et le repas délicieux.

Course à la pirogue sur le fleuve Niger - Yves Hardy
Porte d’entrée de l’arrière-pays
Plaisir reposant d’une balade sur le fleuve Niger qui irrigue la ville. Une fois écartées les envahissantes jacinthes d’eau, la pinasse, longue pirogue équipée d’un moteur, glisse sur les eaux calmes. Un peu plus loin, les pêcheurs bozos lancent leur filet d’un geste aussi majestueux qu’ancestral. En remontant en direction de Koulikoro, on aperçoit sur la berge un convoi d’ânes : oubliés les embouteillages urbains, le Mali rural donne à présent le tempo. Une brève escapade sur la route du sud permet d’entrevoir la diversité du pays. Bientôt, l’ocre des pistes et des maisons compose avec la blancheur immaculée des champs de coton.
Bamako, prometteuse porte d’entrée du Mali, ouvre également sur de multiples richesses architecturales et paysagères du pays, toutes classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Tombouctou la mystérieuse, balayée par les sables, où l’on peut mettre ses pas dans ceux de l’explorateur René Caillé, qui arpenta les lieux en 1828 ; Djenné où les magiciens de la terre ont légué un bon lot de chefs d’œuvre architecturaux en banco, mélange de terre et de paille ; Bandiagara et le pays Dogon, où les habitations troglodytiques et les greniers à mil à chapeau pointu retiennent l’attention. Mais pour percer tous les secrets de la « société des masques », cette corporation masculine qui dirige les danses masquées lors des cérémonies coutumières, un autre voyage s’impose. Cela tombe bien, le séjour à Bamako laisse un goût prononcé de revenez-y.




