Du racisme, encore du racisme…

Le racisme a de nouveau frappé dans un stade de football. Cette fois, ce sont les championnats de Ligue 1 et Ligue 2 qui ont été touché. Au cœur de l’actualité sportive, les affaires « Abdeslam Ouaddou » et « Boubacar Kébé » posent la question des mesures à prendre contre ceux qui prônent la haine raciale dans les stades. Les acteurs du football français ont décidé d’agir.


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Il n’est décidemment plus rare de voir des footballeurs se faire insulter à cause de leurs origines ou de leurs couleurs de peau. Lors de la 25ème journée du championnat de L1, le capitaine de Valenciennes Abdeslam Ouaddou a été pris à partie par un supporter messin qui le traitait de « sale négro, sale singe » ; des propos confirmés par des personnes présentes dans la même tribune. Le 14 septembre 2007, Boubacar Kébé (Libourne-Saint-Seurin, L2) a été victime du même problème lors du match Libourne-Bastia, avant d’être expulsé pour un geste d’énervement vers la tribune des supporters qui l’avaient provoqué. Ces mêmes supporters ont pourtant récidivé lors du match retour. Cette fois, c’est par une banderole très visible qu’ils s’adressaient Kébé. Inscrit dessus : « On est pas racistes… La preuve, on t’encule ! ». Sans commentaire…

Appel à plus de fermeté

La loi du 23 janvier 2006 permet aux préfets d’interdire de stade pour une durée maximum de 3 mois les supporters malintentionnés. 80 mesures d’interdiction administrative sont déjà en cours d’exécution, dont plus de la moitié à Paris. Insuffisant selon la Ligue de Football Professionnelle (L.F.P.). Frédéric Thiriez, le président de la L.F.P, a donc soutenu la demande du ministère de la Jeunesse et des Sports de renforcer les mesures d’interdiction de stade pesant sur les individus considérés comme dangereux. Dans une interview sur RTL, il a insisté sur le fait que ces lois doivent être appliquées à plus de supporters, avec un rallongement de durée : « Trois mois, ce n’est pas assez, il faut passer à une saison de football. ». La L.F.P. s’est également jointe à la plainte déposée par Ouaddou contre son agresseur, une action qu’elle effectuera désormais systématiquement lors de manifestations de violences verbales ou physiques. Signe que les choses changent dans le football.

De son côté, Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, a tenu à rappeler qu’il est indispensable de réagir immédiatement lorsque ces dérives surviennent. Avec le soutien de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, il a immédiatement fait appel au législateur pour renforcer la loi du 23 janvier 2006. Les ministres ont également demandé aux responsables de rencontres sportives d’être extrêmement vigilants à tout comportement qui leur paraîtrait suspect. Aussi, ils ne devront plus hésiter à interrompre de manière temporaire ou définitive le cours d’un match afin de dénoncer aux autorités les fauteurs de trouble.

Unanimité

De son côté, La Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (L.I.C.R.A.) a décidé de se porter partie civile dans l’affaire Ouaddou, avec l’accord du joueur, tout en lançant une campagne de sensibilisation : « Faites une passe décisive contre le racisme ». On se souvient également que l’international français et joueur du F.C. Barcelone, Thierry Henry, avait fait commercialiser des bracelets noirs et blancs « Stand Up, Speak, Up » pour protester contre le racisme. De même, Marcel Desailly a récemment été élu par Bernard Laporte nouvel ambassadeur de la mobilisation anti-racisme. L’ancien capitaine des bleus entend bien mettre sa notoriété au service de ce combat difficile. Les acteurs du football semblent donc s’unir pour éradiquer ce fléau.



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Le 9 mars 2008

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