Interview : Ladylike Dragons

Heart Burst, le premier opus de Ladylike Dragons est une habile synthèse entre garage-rock et suave mélodie po. Ce jeune trio nous livre un album énergique, sauvage et inspiré qui surprend par sa cohérence et sa vitalité. Rencontre avec Cindy, chanteuse-bassiste du groupe, Sébastien, guitariste et Yann, batteur.

 

Copyright Hrvoje Goluza

Lemagazine.info : Quelles sont les influences qui ont marqué l’élaboration de votre son ?

Sébastien : Nous sommes très influencés par les années 60 et 70. Notre son est un mélange de pop anglaise très marquée par les années 60, comme les Kinks ou les Beatles, avec des influences américaines typée 70, plus blues ou rock garage un peu crasseux dans le style des White Stripes, Black Keys ou encore dans la veine MC5. À ce mélange, nous avons rajouté une identité sonore plus personnelle et moderne qui fait que notre son n’est, malgré tout, pas daté « revival ». Dans l’ensemble, notre son correspond donc à mes influences américaines, le goût de Cindy pour la pop anglaise et la synthèse de Yann, notre « élément mélangeur » !

Lemagazine.info : Vous avez remporté le concours « Ouï Love Myspace ». Qu’est-ce que ça a changé pour vous ?

Cindy : Ça nous a surtout permis de faire monter le buzz autour de la sortie de notre album. Ce concours, c’était aussi la chance d’avoir un titre diffusé en radio, sur Ouï FM, avant même la sortie de notre album. Nous avons pris conscience de ce que ça pouvait représenter et nous avons réuni toute l’énergie nécessaire pour réussir.

Sébastien : Il y a aussi une histoire de timing. Le fait que nous ayons remporté ce concours quelques mois avant la sortie de l’album a donné à notre équipe de promotion le temps d’utiliser correctement l’effet lauréat. Cependant, nous avons encore du mal à mesurer l’impact que ça a eu pour nous et nous savons qu’il nous faut encore convaincre sur scène.

Lemagazine.info : votre premier album, Heart Burst, frappe par sa cohérence. Comment avez-vous construit ce disque ?

Cindy : Quand nous sommes entrés en studio, nous voulions pouvoir mettre sur notre album nos meilleures chansons et c’est pourquoi nous ne nous sommes pas interdit de réenregistrer certaines de nos titres les plus anciens. Le choix et l’agencement des morceaux ont pris beaucoup de temps et suscité de nombreuses remises en question. La première maquette partait vraiment dans tous les sens et nous nous sommes vraiment demandé comment nous allions réussir à lier toutes nos influences du rock garage astringent au son très mélodique des balades ! Nous avons beaucoup réfléchi au mix de l’album ce qui nous a permis de franchir un véritable cap dans le son et de produire un résultat homogène. Il y a eu ensuite un gros travail d’agencement où je me suis particulièrement appliquée à faire grossir l’énergie de l’ouverture du disque jusqu’à son morceau de clôture. Au final, nous sommes plutôt fiers de ce son et de l’énergie qui en ressort.

Lemagazine.info : Cet album est autoproduit ?

Sébastien : Effectivement. Il est arrivé un moment où nous voulions vraiment produire un album pour sortir de la logique des maxis et de la musique indé. Nous avons, alors, décidé de se donner les moyens de le faire nous-mêmes. L’objectif était de faire comme un jeune label qui débute, mais de faire aussi bien qu’une équipe professionnelle. L’élément déterminant a été la rencontre avec Sébastien Zamora (ndlr : Zamora Production : Aston Villa, Mon Côté Punk, La Crevette d’Acier…), notre manager, comme chef de guerre de l’opération. Il avait vraiment l’expérience qu’il fallait pour mener avec nous ce projet et, en particulier, tous les codes et réflexes professionnels. Je nous perçois un peu comme des artistes entrepreneurs qui font partis de cette nouvelle génération qui doit s’improviser chef d’entreprise pour survivre dans ce business qui s’écroule. Quand le bateau coule, il faut lancer les chaloupes ! Cependant, cette double casquette est parfois un peu pesante. Heureusement que Cindy est une excellente administratrice qui a la tête sur les épaules.

Lemagazine.info : Vous êtes réputés pour vos prestations énergiques, qu’est-ce que la scène représente pour vous ?

Sébastien : La scène a quelque chose de vivant, c’est un espace où on peut faire évoluer les chansons dans l’instant contrairement à la forme figé de l’album. Et c’est pourquoi, lors de notre session en studio, nous avons enregistré dans les conditions du concert, tous réunis dans la même pièce, pour tenter de retrouver cette énergie du live.

Nous travaillons beaucoup pour préparer notre prochaine tournée car nous savons qu’avec la médiatisation du concours, on ne nous fera pas de cadeau. Notre défi, c’est de faire encore mieux sur scène que sur l’album. Nous fonctionnons beaucoup à l’instinct, mais nous apprenons également beaucoup de nos expériences et des commentaires extérieurs. Dans tous les cas, tous les trois, nous ne nous sommes jamais autant éclatés à faire notre musique et c’est ce qui fait la différence sur scène.

Cindy : La scène, c’est aussi un moyen de nous exprimer. Dans la vie, nous sommes plutôt calmes et réservés, faire du rock sur scène, ça nous permet d’aller puiser une énergie, une partie de nous que nous n’exprimons pas dans notre quotidien. Partager ça avec un public c’est quelque chose d’assez exceptionnel.

Lemagazine.info : Au départ vous vous appeliez Olympic Dragons et vous avez changé en cours de route pour Ladylike Dragons. Pourquoi ?

Cindy : Apparemment, notre premier nom n’a pas plu au Comité Olympique qui nous a envoyé une petite lettre nous priant de changer de nom. Au départ, nous avons vraiment cru à une blague. Nous ne comprenions pas en quoi notre nom pouvait nuire à l’image du Comité Olympique ! Nous sommes vite rendu compte que juridiquement nous ne faisions pas le poids dans cette bataille et nous avons donc abandonné notre nom. Sur le moment, nous étions passablement en colère, d’autant plus que la recherche d’un nouveau nom n’a pas été chose facile. C’était important pour nous de garder le terme Dragons car il correspond à notre vision de la scène, au fait que quand nous montons sur scène nous nous métamorphosons en dragons. Finalement, c’est en feuilletant le dictionnaire des synonyme anglais que nous avons retenu le terme Ladylike (ndlr : signifie distingué en français). Ça nous a bien plu et yann en a même profité pour nous dire qu’il ne croyait que moyennement au précèdent nom ! Rétrospectivement, ce changement est arrivé au bon moment et correspond à une véritable mise en forme du groupe. Si ça nous arrivait maintenant, les choses seraient beaucoup plus dramatiques !

 


Heart Burst de Ladylike Dragons sortie le 12 octobre 2009 Chez Nice & Rough Records / Discograph. Actuellement en concert dans toutes la France, et à Paris les 5 et 19 novembre.


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Le 30 septembre 2011

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