Les Justes

Le théâtre du Lucernaire présente Les Justes d’Albert Camus, dans une mise en scène d’Antoine de Staël qui déploie la dimension universelle de cette pièce écrite en 1949.
 
La pièce s’ouvre sur des débats aussi illégaux que passionnés. En 1905, dans une cache secrète située quelque part à Moscou, cinq opposants russes fomentent une attaque contre le grand-duc Serge, oncle du tsar et despote tyrannique.
 
Ceux-ci s’affrontent sur la conduite à suivre et sur le sens de leur geste. Parmi eux, Stepan apparaît le plus virulent et le plus décidé, tandis que Voinov confie ses faiblesses. Boria, le chef de l’organisation, est en charge des rôles délicats de conciliateur et de décideur. Entre éclairs de haine et d’humanité, les tempéraments se révèlent, jamais tout à fait noirs ni tout à fait blancs.
 
 Aux limites de la violence
 
Loin d’être une justification du terrorisme, Les Justes explore avec intensité et profondeur les limites de la violence. La compagnie Human Kosmoz s’empare d’une pièce explosive.
Sur scène, les cinq comédiens campent tous des personnages du sexe opposé au leur. Une métamorphose destinée à traduire l’humanité des révolutionnaires, ébranlés par leur projet de meurtre.
L’autre choix notable du metteur en scène Antoine de Staël est la grande sobriété de l’espace. Plusieurs lampes pendent du plafond. Des sacs de toile traînent au sol. Le lieu est à peine dessiné. Antoine de Staël met ainsi l’accent sur l’universalité de la pièce. Les questionnements demeurent : la liberté des uns autorise-t-elle la mort des autres ? Lorsque l’on tue pour une cause que l’on croit juste, devient-on un meurtrier ? Peut-on rendre justice à quelqu’un malgré lui ?
 
« La justice qui est au-dessus de la vie »
 
Selon Stepan, un des révolutionnaires, il faut défendre « la justice qui est au-dessus de la vie ». Mais au fond, dans cette quête, le renoncement et le sacrifice se valent – c’est-à-dire qu’ils ne valent pas grand chose. Pour Albert Camus, dans ce monde absurde, seule reste la révolte.

Les Justes, d’Albert Camus, par la Human Kosmoz Company. Mise en scène Antoine de Staël. Théâtre du Lucernaire, 52 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris. Du mardi au samedi à 19 heures. Jusqu’au 23 août 2008.

Photos : Anne Rehbinder


Partagez avec Facebook

Le 27 juillet 2008

galerie photos
paris01.jpg
articles les plus lus
Pub

AccueilActualitéCultureInterviewGalerie photosÉditoQui sommes-nous?
Copyright © 2004-2008 lemagazine.info | tous droits réservés | Designé & Développé par Ilich Chamorro

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0