Les Molières : nul hier, pire aujourd’hui !

Coup de tonnerre : la 18e cérémonie des Molières, lundi 19 avril, ne sera pas retransmise par France 2 à cause d’une discorde entre les organisateurs. Une polémique qui fait écho du profond malaise dont le corps théâtral français souffre depuis trop longtemps.
 
La guerre est déclarée chez nos amis théâtreux : public ou privé, il faut choisir ! Car la vraie raison de la non diffusion des Molières ne provient pas de « difficultés rencontrées dans l’organisation de la cérémonie », comme l’affirme l’Association professionnelle et artistique du théâtre (APAT), mais vraisemblablement de l’inégale répartition du collège des votants.
 
Une cérémonie prometteuse
 
Suite à l’audience désastreuse l’an passé (seulement 550 000 téléspectateurs), Marc Tessier, président de France Televisions, a demandé au « bankable » Michel Drucker de faire des Molières 2004 du jamais-vu pour une soirée qui s’assimilait jusqu’alors plus à une réunion de sexagénaires blasés qu’à une célébration du théâtre vivant ! Il accepte et s’entoure de J-M Ribes, directeur du Théâtre public du Rond-Point et homme de télévision (Palace, c’est lui !), pour mettre en scène la soirée. Mais sous deux conditions : élargir le collège des votants et envoyer à l’ensemble des professionnels du théâtre public des bulletins de vote. L’APAT donne son accord et M. Tessier augmente le budget de 25% afin d’égaler la créativité de spectacles comme les Césars .
 
Tout fonctionne jusqu’au 25 mars où M. Ribes a eu la désagréable sensation d’avoir été trahi à l’annonce du palmarès qui compte 5 nominations pour le théâtre public contre 29 pour le privé ! 
 
L’APAT pas très « réglo »
 
« L’APAT n’a pas respecté son engagement : les bulletins de vote n’ont pas été envoyés à toute la profession », déplore J-M Ribes. Par réaction, 80% des prestigieux intervenants dont Marcel Bozonnet de la Comédie-Française se sont désistés et ont poussé M. Ribes à déclarer forfait faute de participants.
 
Selon Jérôme Hulot, membre affluent de l’APAT et ancien directeur d’un théâtre privé, « M. Ribes a démissionné parce que le théâtre public est minoritaire » et d’ajouter, avec un zest de mesquinerie, qu’il « regrette que M. Ribes conteste les Molières quand il n’est pas nommé, et les trouve très bien quand il l’est ». Et vlan !
 
Non seulement les Molières ne sont pas démocratiques mais en plus de spolier les Français de la seule émission consacrée au théâtre sur une chaîne hertzienne, cette « guéguerre » a comme conséquence de priver les intermittents d’une tribune. Seul le ministre de la culture, M. Donnedieu de Vabres, jubile : il ne subira pas le même lynchage que son prédecesseur aux Césars !
 Reste à espérer que les Molières reconquerront leur légitimité médiatique et ainsi honorer la sagesse d’un certain Jean-Baptiste Poquelin qui écrivait qu’ « il n’y a point de pires sourds Que ceux qui ne veulent pas entendre » 
 
 
 
 


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Le 10 juillet 2004

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