Lorient si proche

Depuis début juillet 2017, le trajet Paris- Lorient s’effectue en moins de trois heures de TGV. Profitez en pour découvrir cette cité morbihannaise qui gagne a être connue, sans oublier une escapade sur la voisine île de Groix.


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L’accueil déjà déconcerte. La toute neuve gare ferroviaire a des allures de paquebot habillé de bois et de verre amarré à quai. La ville de quelque 65 000 habitants est surplombée par le clocher en béton de Notre-Dame de Victoire et par une tour de guet en forme de phare surveillant la rade. Petit tour à l’actif port de pêche où poissons et crustacés se disputent les bacs bleus et jaunes. Nous saluons les « demoiselles » - les langoustines - dont Lorient s’est fait une spécialité, tout comme Guilvinec et Loctudy. Pensées émues à la même occasion pour les Merlus - pas les colins - mais les joueurs de football du F.C. Lorient qui viennent d’être rétrogradés en deuxième division. « Oui, nous sommes en deuil, confirme Gurvan, mais nous nous consolons avec les loisirs nautiques en plein essor.  »

Vérification immédiate en direction du bord de mer et de la Cité de la Voile. Elle porte le nom d’Eric Tabarly en hommage au navigateur nantais disparu en mer et qui fit construire trois de ses « Pen Duick » à Lorient. La cité se veut un lieu à la fois pédagogique et ludique. Les néophytes apprennent à reconnaître monocoques, catamarans et trimarans ou découvrent le rôle des foils, ces ailettes placées sous la coque qui donnent l’impression que les bateaux volent sur les flots. Les passionnés de course au large s’attardent sur les techniques de sauvetage en mer de la SNSM et les témoignages de skippers secourus comme Jean Le Cam et Jean-Pierre Dick. Tous se retrouvent embarqués et secoués dans le simulateur de navigation. Même les embruns sont au rendez-vous pour vous donner l’illusion d’être ballotés par les vagues. 

 Sous le béton, la plage

On passe vite de la simulation aux travaux pratiques. Au Centre nautique de Kerguelen, nous enfilons une combinaison néoprène pour un exercice revigorant de marche aquatique. Nous ne marchons pas sur l’eau comme d’aucuns, mais nous progressons tout de même à petits pas le long de l’estran, la mer jusqu’à mi-torse. Notre accompagnateur nous encourage : « Pensez que vos efforts pour progresser de 300 mètres équivalent à 4 km de marche. » 

Retour à « la Base ». Là, on s’improvise sous-marinier d’un jour, le temps de butiner dans le « Flore », lui qui passa 41 000 heures en plongée, entre 1964 et 1989. Les plaisirs de la vie dans les profondeurs nous sont révélés. Périscope et sonar sont vos nouveaux yeux et oreilles. Côté menu, il est bon d’apprécier le pâté Henaff et la crème Mont Blanc. Cela dit, le sous-marin est équipé d’un pétrin. « C’est bon pour le moral des troupes », est-il commenté. On trouve aussi des « bannettes » toutes chaudes, en l’occurrence des couchettes où se relaie l’équipage selon le rythme des trois-huit. Immense privilège, un dîner a été préparé pour nous dans l’espace exigu du sous-marin. De quoi se prendre un instant pour « le pacha » ! 

Au sortir de l’immersion, visite nocturne de l’impressionnant et voisin bunker, le bloc K 3. Autre type de plongée, cette fois dans l’histoire. L’armée allemande arrive à Lorient le 21 juin 1940. L’amiral Doenitz prend la décision d’y installer la 2e flottille de U-boots. Les travaux d’aménagement sont confiés à l’organisation Todt qui mobilise quelque 15 000 ouvriers entre 1940 et 1943 pour bâtir les immenses alvéoles capables d’accueillir une douzaine de sous-marins. 

Soixante quatorze ans plus tard, nous déambulons dans le bâtiment géant, quasi intact. Les bombardements répétés des alliés n’ont pratiquement pas endommagé la double toiture en béton armé de 7,50 à 9 mètres d’épaisseur. Frustrés, les Anglo-Américains, à défaut de pouvoir détruire la base allemande, l’isoleront en rasant une grande partie de la ville de Lorient.

La reconstruction fut le premier défi que dû relever la cité du Morbihan. Le second fut la reconversion obligée de « la Base » au lendemain du départ de la Marine nationale en 1997, dont le redéploiement a profité à Brest et Toulon. Défis relevés à voir l’affluence - près de 700 000 personnes - chaque année au Festival inter-celtique lors de la première quinzaine d’août. Reste aux participants à découvrir les autres pépites cachées que recèle Lorient. 

 Plaisants chemins de Groix

 

À 9 miles de la côte est posée l’île de Groix. Sur le trajet, nous croisons le remorqueur Abeille Bourbon, imposant et élégant bateau de sauvetage. Puis, nous longeons bientôt la plage des Grands sables, la plus grande plage convexe d’Europe.
Bonne idée que de découvrir la petite île de 8 km de long et de 4 km de large en vélo électrique. Nous quittons le littoral, accompagnés par les cris des huîtriers pies, et filons vers le Bourg, au centre du territoire. Au sommet du clocher de l’église locale, un thon remplace le traditionnel coq, manière de rappeler l’importance qu’a revêtue jadis la pêche thonière. Nous longeons des landes à bruyères qui annoncent la réserve naturelle de Pen Men, à l’extrémité occidentale de l’île. Paysage sauvage de falaises abruptes sur les flancs desquelles les goélands nidifient. 

À Port Tudy, nous découvrons une rareté, l’un des deux seuls élevages d’ormeaux existant en France (l’autre, de pleine mer, se trouve à Plouguerneau dans le pays des Abers - Finistère Nord). Erwan Tonnerre, biologiste de formation et ostréiculteur depuis une vingtaine d’années, s’est lancé dans cette nouvelle spéculation voici une décennie. On apprend à l’occasion que ce mollusque marin appartient à la famille des gastéropodes et qu’il broute les algues qui lui font envie. « L’ormeau reste peu connu en France, précise Erwan, hormis de quelques chefs cuisiniers, mais les Japonais en raffolent. Ils le mangent en carpaccio. Sa saveur délicate l’élève au rang de caviar de la mer. » Élevage délicat tout de même, car l’ormeau est hémophile. S’il se blesse, il ne cicatrice pas. À manipuler donc avec précaution. On trouve ce mets raffiné, que l’on cuisine 1 minute tout au plus, à environ 70 EUR le kilo dans le commerce. Il a le bon goût de grandir dans une jolie coquille nacrée, bien plus abordable. 

À côté de l’élevage, trois jeunes installent un atelier de fumaison de poissons. Le signe que le dynamisme lorientais gagne les Groisillons. De bon augure pour les 2000 résidents permanents de l’île.


Pratique
° Y aller. Paris-Lorient en 2h48 en TGV, grâce à la nouvelle ligne à grande vitesse.
° Y séjourner. Hôtel Ty-Mad de Port Tudy sur l’île de Groix, si vous obtenez une chambre avec vue sur le port www.tymad.com
° Y manger. Restaurant « Les Mouettes » à Larmor plage (02 97 65 50 30) et Crêperie du Boulevard à Port-Louis pour sa cuisine et son ambiance conviviale. Tél : 02 97 82 12 28.
° Acheter des ormeaux élevés sur l’île de Groix. Tél : 02 97 86 81 35.
° Guides. Bretagne Sud : Géoguide (Gallimard, 13,90 EUR) et Guide Evasion (Hachette, 14,50 EUR).
° Renseignements. Lorient Bretagne tourisme. Tél : 02 97 847 800
www.lorientbretagnesudtourisme.fr/
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Le 25 août

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