Nice porte chance aux patineurs français

Le soleil niçois a accueilli du 26 mars au 1er avril 2012 les championnats du monde de patinage artistique. Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat ont décroché leur première médaille mondiale là, où 12 ans avant, les champions olympiques Anissina/Peizerat ont été couronnés du seul or mondial de leur carrière. La rousse et le blond, aux côtés de Delobel/Schoenfelder dans la tribune d’honneur, ont laissé transparaitre une grande émotion lors de l’entrée sur glace de leurs successeurs.


Crédit photo : Lucie Jaksova

Ils en ont rêvé depuis si longtemps, ils l’ont fait à Nice, devant des milliers de supporters exaltés. Avec leur programme sur l’Egypte ancienne, la momie et son pharaon épatent une fois de plus avec leurs portés innovants, des twizzles sûrs et une chorégraphie recherchée. Par moments la musique disparait dans le bruit du claquement des pieds et des mains. Les Français sont conquis. Il n’y a que le discret sparadrap sur le nez de Nathalie qui rappelle sa blessure 15 jours avant les mondiaux provoquant un entrainement dans la douleur et le doute. « Cette blessure nous a surtout inquiété. Elle a retardé notre préparation d’une semaine. Mais quand la musique a démarré et que le public a commencé à applaudir, ça nous a donné une énergie qu’on ne peut pas avoir dans un pays étranger. Du coup ça nous donne envie de bien faire et là on leur a tout donné », raconte Nathalie. Leur médaille d’or est aussi celle de la ténacité, de la force psychologique et de la solidarité. «  Nathalie a très bien réagi suite à cette blessure. J’ai apprécié sa combativité, son enthousiasme et même sa façon de gérer son stress sans se décharger sur les autres. Elle a été parfaite », confie Fabian. Sa partenaire sur glace rajoute : « A chaque fois que l’on traverse une situation difficile, on se soude ». Belle philosophie.

D’ici les Jeux Olympiques à Sotchi, il leur reste encore deux marches à gravir pour trouver leur Graal. Mais d’abord ils veulent goûter enfin à l’émotion de ce bronze. Avant de rejoindre la fédération et leurs amis, Fabian rend un touchant hommage à leur couple sportif qu’ils forment depuis 12 ans : « Je pense en premier lieu à la chose qui est à côté de moi, à Nathalie, parce qu’il n’y a qu’avec elle que je peux faire un aussi bon boulot. Elle est mon moteur tous les jours, c’est pour elle que je patine et pas que pour moi, on est une équipe ».

« C’est comme si j’étais champion du monde »

L’or de la catégorie danse s’envole, sans grande surprise, au Canada. Tessa Virtue et Scott Moir ont à nouveau fait preuve d’une technicité remarquable décrochant un niveau quatre sur sept de leurs éléments présentés et 182.65 points au total. Les Américains Meryl Davis et Charlie White, couronnés d’argent, ont su s’imposer sur la composition de Strauss, la rendant émouvante et dynamique en même temps. Leur légèreté d’exécution et la rapidité de leur porté spectaculaire en grand écart ont fait sensation.

Samedi après-midi, la catégorie homme a offert au public sans doute la compétition la plus passionnante depuis le début du championnat. Le nouveau système de jugement a démontré une fois de plus qu’il ne suffisait pas de réaliser un programme propre pour monter sur le podium. Il devient désormais indispensable de l’orner avec des bijoux de difficulté technique. Patrick Chan l’a mis en évidence avec ses deux quadruples boucles piqués dont un en combinaison avec un triple et cinq autres triples sauts. Malgré une chute d’inattention sur le dernier Axel, n’ayant pas décollé, il a réussi à cumuler suffisamment de points (266,11) pour conserver son titre. Il a devancé les Japonais Daisuke Takahashi, champion du monde 2010, et le tout jeune Yuzuru Hanyu de 17 ans, en pleurs à l’issu de son programme sur le soundtrack de Roméo et Juliette, qui a suscité une forte émotion auprès du public.


Crédit photo : Lucie Jaksova

Les Français Brian Joubert et Florent Amodio se sont retrouvés aux pieds du podium, respectivement à la quatrième et cinquième place. Au vu du niveau extrêmement élevé de cette compétition, leur résultat leur donnait entière satisfaction. Avec des programmes sans faute et chorégraphiquement convaincants, ils ont fait trembler le Palais des Expositions, rempli d’un public enflammé. Lorsque les dernières notes de la musique de Matrix ont retenti, Brian s’est agenouillé pour embrasser la glace : « C’est un des mes plus beaux championnats du Monde. En termes de performance et de sensations c’était exceptionnel. Le public était incroyable, je n’entendais même pas la musique en patinant, une ambiance de folie, livre-t-il ses émotions à la sortie de la glace avant de rajouter, je termine quatrième mais c’est comme si j’étais champion du monde ». Alors que tout le monde l’enterrait après les dernières saisons catastrophiques, Brian espère que sa performance niçoise symbolise un nouveau départ pour sa carrière.

Avec 10 ans dans le circuit international et trois médailles mondiales, Carolina Kostner, a enfin remporté celle au goût de l’or dans la catégorie femmes. Première Italienne à transformer son rêve en réalité, elle dit avoir atteint la maturité nécessaire : « Lors des JO à Turin en 2006, j’étais jeune et j’avais beaucoup de pression. Aujourd’hui, j’ai réussi à faire abstraction de l’ambiance dans la salle, me concentrer sur moi-même et patiner avec mon cœur en transmettant au public toute la passion que j’avais pour ce sport ». Dans un état de grâce ultime, elle a sublimé telle une ballerine sur glace, le Concerto n°23 de Mozart. Connue pour sa fluidité de patinage, chacun de ses gestes évoluait dans une élégance sans précédent. Avec 5 points d’avance, elle a battu l’énergique Alena Leonova et Akiko Suzuki. La novice tricolore Yretha Silete s’est positionnée après un solide programme au douzième rang mondial.

Rien n’est perdu tant que rien n’est fini

La catégorie couple a donné lieu à une incroyable bataille. Les favoris Aliona Savchenko et Robin Szolkowy ont failli laisser filer leur quatrième titre mondial. Seulement deuxièmes du programme long, ils ont été devancés par les Russes Tatiana Volosozhar et Maxim Trankov qui sont remontés de la huitième place du court où ils ont chuté sur la spirale de la mort. Seuls 0,11 points ont décidé du classement final (201,49 pts contre 201,38). Avec un libre sur la musique du film Black Swan et une exécution époustouflante, ils ont fait lever le public niçois des strapontins. A la conférence de presse, Maxim lance une mise en garde : « Dans le sport rien n’est fini avant la fin-même. Il faut toujours continuer à se battre même si ça parait impossible ».

Ils seront un couple redoutable à Sotchi en 2014 ainsi que tous ceux qui patineront avec la même rage de gagner. A bon entendeur.



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Le 7 avril 2012

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