Thomas Coville, le marin idéal

Arrivé sur la troisième marche du podium de la 9e Route du Rhum-La Banque Postale, Thomas Coville qui visait ouvertement la victoire en classe Ultime n’a pas caché sa déception sur les pontons de Pointe-à-Pitre. Le vainqueur de l’édition 1998 a décidé de vite tourner la page. Il sera dans quelques semaines au large de Brest pour tenter de battre le record du tour du monde en solitaire. 


Thomas Coville. Crédit photo  : Thierry Martinez

Thomas Coville a la régularité du métronome. En quatre participations à la Route du Rhum-La Banque Postale, il n’a abandonné qu’une fois (2002) et surtout accroché trois podiums, dont la mémorable victoire de 1998 avec Aquitaine Innovations en monocoque, alors qu’il remplaçait au pied levé Yves Parlier qui venait de se blesser. La gorge nouée, le skipper qui visait le titre et rien d’autre n’a pas caché sa déception en amarrant son grand albatros de carbone au ponton de la Darse à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.
« Michel Malinovsky (2e du premier Rhum, derrière Mike Birch) qui nous a quitté récemment disait "Seule la victoire est jolie". Le Rhum c’est comme ça, c’est un peu comme sur la Coupe de l’America, il n’y a pas de second  », disait-il d’emblée aux journalistes venus l’accueillir.

En arrivant un peu moins de 24 heures après son ami et rival Franck Cammas (Groupama 3) et seulement dix petites heures derrière l’inaltérable Francis Joyon (Idec), Thomas Coville qui a bouclé son Rhum en 10 jours, 3 heures, 13 minutes et 11 secondes n’a pourtant pas démérité. « La route Nord était beaucoup plus engagée et difficile, et pour autant, les routeurs, disaient que c’était celle qui allait gagner. Je connais bien Groupama 3 et je savais qu’au mano à mano, le bateau de Franck serait plus rapide. Il fallait que je fasse autre chose. J’ai fait un mauvais pari  », a expliqué le skipper qui a laissé filer ses deux compétiteurs sur l’option Sud dans le contournement des Açores. 

Record du monde en solitaire

Pire encore, il aura fallu attendre l’arrivée pour savoir que trois jours seulement après le début de la course, une avarie sur la drisse de grand voile a contraint le navigateur breton à monter à deux reprises dans le mât pour fixer une poulie dans le noir et à 35 mètres de hauteur. « A cause de ce problème, j’ai fini avec un ris, ce qui était pénalisant dans le petit temps. Le plus dur est de ne pas pouvoir "soigner" son bateau, il était amoindri et cela fait aussi souffrir  ».

Il en faudrait toutefois plus pour décourager le Costarmoricain, recordman de la traversée de l’Atlantique Nord et actuel détenteur du Trophée Jules Verne en équipage sur le Groupama 3 de Franck Cammas. Dans quelques semaines, Sodebo prendra une nouvelle fois le départ au large de Brest pour tenter de battre le record du tour du monde en solitaire. « Avec nos bateaux de 105 pieds, le référentiel de temps s’est complètement effondré. Pour preuve, avec Sodebo j’ai traversé en seulement trois semaines au mois de juin en double et en solitaire l’Atlantique juste pour m’entrainer. L’Atlantique pourrait bientôt redevenir un immense terrain d’entraînement ou de duel, tandis que le terrain de jeu de la voile est dès à présent planétaire ».



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Le 26 novembre 2010

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