Route du Rhum : le retour des géants des mers

Marquée par le retour des grands bateaux pour un départ unique le 31 octobre, la Route du Rhum-La Banque Postale s’annonce cette année exceptionnelle. Les 86 marins engagés n’auront qu’un objectif : rallier Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en moins de 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, le record de Lionel Lemonchois qui date de 2006.



L’ambiance sur le ponton. Crédit photo : David Raynal

La magie du Rhum. Voilà ce que vont aller chercher les 86 marins solitaires engagés pour la plus belle des transatlantiques. Tous les quatre ans depuis 36 ans, cette rencontre unique entre un homme, un bateau et la mer, enflamme les foules, mobilise les médias et excite l’appétit des sponsors. Au point de faire converger plus d’un million de néophytes et de passionnés à Saint-Malo au pied des magnifiques remparts de la cité corsaire. Avec le retour des grands bateaux, l’objectif avoué de cette neuvième édition de la Route du Rhum-La Banque Postale, du nom de son partenaire exclusif depuis 2006, est notamment de retrouver le vent de liberté qui a longtemps soufflé sur cette épreuve mythique. C’est ainsi qu’à côté des unités plus modestes, la classe des grands multicoques de plus de 60 pieds fera sans nul doute l’attraction le 31 octobre à 13h02, lors du départ unique donné au large de la pointe du Grouin à Cancale. « Cette année, la course a décidé d’accepter les grands multicoques sans restriction de taille. Côté sécurité, il est clairement démontré que les bateaux de plus de 30 mètres sont aujourd’hui moins dangereux que les Orma de 60 pieds d’hier. La tendance des courses océaniques pour les années à venir passe obligatoirement par ces géants » a rappelé Pierre Bojic, le directeur général de Pen Duick.

Générations de solitaires 

Imaginé en 1978 par le publicitaire Michel Etévenon, le parcours visionnaire de la Route du Rhum (dépressions atlantiques, calmes anticycloniques, euphorie des alizés) allait d’emblée déchainer les passions. Pour la première fois, un public de non-initiés entendait parler de monocoque, multicoque, prao, ou de catamaran. Lors de cette première édition désormais mythique, ce ne fut pas un catamaran, mais un trimaran qui mit un terme à la suprématie des orgueilleux monocoques. La petite araignée jaune du Canadien Mike Birch (Olympus Photo) allait, avec seulement 98 secondes d’avance, damer le pion au long cigare effilé du regretté Michel Malinovski (Kriter V). Une légende était née malgré la disparition tragique d’Alain Colas sur Manuréva. Celle de la « Reine » des transatlantiques et de ces générations spontanées de marins solitaires, Poupon, Arthaud, Bourgnon, Peyron, MacArthur, Desjoyaux et en 2006 Lemonchois et Jourdain. « La Route du Rhum est un événement sportif incroyable, une véritable dramaturgie dont les skippers sont les acteurs et dont l’acte I se joue à Saint-Malo. Cette course au large est essentielle à l’image de notre ville. L’inverse est également vrai  », déclare le député-maire de Saint-Malo René Couanau avec toujours autant d’enthousiasme. 

Images en 3D

Le sel du Rhum, c’est aussi d’avoir su mélanger des individualités aux trajectoires diverses. D’un côté des marins professionnels, Francis Joyon, Philippe Monnet, Sidney Gavinet, Marc Guillemot, Jean-Pierre Dick, avec leur cortège de sponsors et d’innovations techniques, de l’autre, des amateurs éclairés, Jean-Paul Froc, Christine Monlouis, Julien Mabit qui s’élancent pour réaliser leur projet fou en solitaire sur la même ligne de départ. Avec pour tous, l’ambition d’arriver entier et pourquoi pas le premier dans la chaleur moite de Pointe-à-Pitre. « La Guadeloupe était historiquement un peu fâchée avec la mer, rappelle Victorin Lurel, député et président du conseil régional de la Guadeloupe. Il y a plusieurs siècles nous y étions venus dans la cale des bateaux. La mer était pour nous un espace de souffrance, de labeur et non de plaisir. La Route du Rhum a été pour nous le vecteur de la reconquête de la mer par la Guadeloupe ».

L’intelligence du Rhum, c’est enfin d’avoir su accompagner les évolutions technologiques du monde de la voile aussi bien en direction des marins que du grand public. « Le changement le plus marquant concerne incontestablement la façon dont on vit et dont on suit aujourd’hui la course. Notre nouveau site Internet permettra de visionner des vidéos et images en 3D tandis que nous retransmettrons en temps réel les meilleurs moments de la course sur des solutions mobiles (I phone et Blackberry). Le maxi-trimaran Sodebo de Thomas Coville aura également 9 caméras à bord, pilotées automatiquement depuis la terre. En définitive, nous cherchons à ce que le spectacle soit presque aussi passionnant à terre qu’en mer  », explique Pierre Bojic. Autres temps, autres mœurs. Mais pourtant aucune compétition virtuelle ne pourra remplacer la part d’émotion que seuls les marins d’esprit, de chair et de sang, peuvent encore nous offrir et qui s’appelle tout simplement le rêve…


Site officiel de la course : http://www.routedurhum-labanquepostale.com


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Le 26 octobre 2010

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