Stéphane Guillon

Comédien et écrivain, Stéphane Guillon a une plume bien trempée dans l’encre noire d’un humour décalé. Sacralisé comme LE nouveau chroniqueur cynique du PAF par l’émission « 20h10 Pétantes » sur Canal Plus. Jusqu’à la fin de l’année, il joue son dernier one man show « En avant la musique » aux Palais des Glaces.

L’affiche du spectacle « En avant la musique » de et avec Stéphane Guillon plante d’emblée le décor : son majeur gauche est tendu tandis que sa main droite feint de tenir l’archet d’un violon imaginaire…à l’image de son humour qui oscille toujours entre sens littéral et figuré. L’humoriste joue sur l’ambiguïté des mots pour délier les langues. Il épingle les travers d’une société raciste, hypocrite et xénophobe par une plume cinglante qui égratine préjugés et bien-pensants. Savant mélange de libres propos personnels, autobiographiques et d’imitations à vif, son one man show est une surprise.

« Dark vanneur »

Sur la scène du Palais de glaces, la mise en scène de Muriel Cousin est minimaliste : une chaise, une table, un dictionnaire. Grâce à un jeu d’acteur complet, le comique évolue dans ce décor dépouillé avec aisance. Il déambule, gesticule, dégaine…des petites phrases assassines. L’objectif de ce franc-tireur du paf est de faire rire, quitte à heurter les susceptibilités. Second degré, allusions et critiques acerbes, il y a du Desproges chez ce trublion philosophe. Rictus narquois vissé sur un visage anguleux, allure de dandy à la barbe poivre et sel, ce quarantenaire manie avec brio l’humour noir. D’où son surnom de « Dark vanneur ». Ses débuts ont d’ailleurs été aussi noirs que son humour. Après quelques années dans les cafés-théâtres, il monte sur les planches avec son premier spectacle "Petites horreurs entre amis", présenté au festival d’Avigon en 2002.

Méchant ?

En 2005, Stéphane Guillon est repéré par Stéphane Bern, qui l’enrôle comme chroniqueur du « Fou du Roi » sur France Inter puis dans « 20h10 Pétantes » sur Canal Plus. Son rôle ? Dresser un portrait acide et sulfureux d’une célébrité pour faire briller ses défauts. Et, depuis la rentrée, il rempile chez Ardisson pour l’émission « Salut les terriens », toujours sur Canal, où il brosse des portraits d’actuels has been.

Hier ignoré, aujourd’hui acclamé, Guillon est partout : sur les planches, sur les ondes radiophoniques et hertziennes et dans les salles obscures. Après vingt ans de galère, l’humoriste qui a essuyé bides et camouflets est enfin reconnu. Moins connu est son talent de comédien. Présence endiablée sur scène, phrasé rythmé et grimaces caricaturales, l’acteur fait mouche. Ses blagues aussi : les vieux et la canicule, les écologistes et la mode « bio », les crash et les tsunami…tout est passé au crible. Si sa verve est toujours cynique, parfois crue, elle n’est jamais gratuite. Derrière ses mots, il y a toujours une cause à défendre. A la limite de politiquement correct, son humour noir permet de rire de sujets grave afin de les dépasser. Plutôt que de pleurer sur le cancer, le comique ironise sur les cigarettes. Son humour est cathartique. Retour du refoulé, le rire devient libérateur.

Il est 23h15. « Vous allez bien rentrer chez vous quand même ? » plaisante le comédien. Pendant plus de deux heures, le public s’est délecté de ses frasques verbales. L’humoriste rit de tout et de tout le monde, des autres comme de lui ; en atteste son dernier livre, « Stéphane Guillon aggrave son cas ». Recueil de ses chroniques les plus truculentes sur 20h10 pétantes, l’humoriste persiste et signe de sa plume cynique et pourtant si humaine.


Au Palais des Glaces jusqu’au 31 décembre

37 rue du Faubourg du Temple 10ème

Métro République

LOCATION : 01 42 02 27 17


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Le 21 décembre 2006

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