Trophée Bompard : le patinage français garde de l’ambition

Le Palais Omnisports de Paris Bercy a accueilli du 18 au 20 novembre le traditionnel Grand Prix de patinage, le Trophée Eric Bompard. Il permet aux meilleurs patineurs internationaux de se qualifier pour la grande finale qui aura lieu cette année à Québec City du 8 au 11 décembre. Malgré l’absence du champion du monde Brian Joubert, forfait pour raison médicale, la France a été représentée en force, par 10 compétiteurs. Elle est repartie avec une médaille d’argent, remportée par les champions d’Europe en danse sur glace Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.


Florent Amodio - Crédit photo : DR

Pour certains, le palmarès des Français au Trophée Eric Bompard peut paraitre décevant. Il n’en est rien. Comme l’explique Fabian, le doyen des compétiteurs français : "Notre équipe a actuellement beaucoup de jeunes talents qui doivent mûrir pour former à nouveau, dans quelques années, une représentation forte. Cela fonctionne comme des cycles, tous les meilleurs champions français sont partis et il faut laisser du temps à l’équipe pour se renouveler".

Le plus grand potentiel sommeille dans la catégorie hommes avec Florent Amodio en chef de fil. Champion d’Europe en titre, il ne termine que cinquième de ce trophée. Un début de saison difficile avec une préparation d’été médiocre qu’il justifie par "une perte du goût de la compétition". Seulement 9ème au Skate America, le retour de ses ambitions se fait attendre. A Bercy, il débute son programme en transformant le quadruple Salchow en triple et chute lors d’une nouvelle tentative. Une stratégie risquée qui l’a déstabilisé pendant toute la première moitié de sa performance. Rendant hommage au Brésil, son pays d’origine, son programme présente toutefois des difficultés techniques qui peuvent payer si elles sont bien réalisées. Il devra rapidement se remettre en selle s’il veut prétendre au podium lors des Championnats du Monde à Nice, qu’il présume d’ores et déjà comme "l’un des plus grands moments" de sa carrière.

Le trophée a été remporté par le Canadien Patrick Chan. Dès l’entrée sur la glace, il esquisse deux magnifiques quadruples sauts, mais relâche ensuite la concentration en multipliant de petites erreurs. Il chute même sur un passage de pas, une faute d’inattention : "Je ne me sentais pas bien dans mes patins, avoue-t-il, mes réceptions de sauts manquaient de sûreté". Mais il ne veut pas en rester là. Avec une bonne remise en question et une ambition sans précédent, il reste un concurrent dangereux. "Je compte bien me dépasser chaque année, jusqu’aux Jeux de 2014", affirme-t-il.

"Le public français nous a transmis énormément d’énergie"

Si le niveau de la catégorie masculine n’a pas été au rendez-vous, la danse sur glace a fait briller les yeux des passionnés. La présence des champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir a placé la barre haut. Ils remportent la compétition avec plus de 10 points d’avance sur les Français. Leur libre, interprété avec une technique de glisse remarquable sur le soundtrack de "Funny Face", a fait sensation. Les juges ont récompensé la difficulté de leurs portés, spirales et twizzles d’un level (niveau) 4. "Nous nous sommes réellement amusés lors de ce programme et nous étions heureux de montrer le fruit de notre travail", confie Scott. La seule erreur sur le dernier porté, qui leur a valu une déduction d’un point, n’ a pas porté d’ombre à leur performance : "Nous sommes extrêmement satisfaits de nos notes. Même si nous n’avons pas atteint notre le meilleur score de la saison, nous considérons notre danse comme la meilleure depuis la rentrée", ajoute-t-il.

Nathalie Pechalat et Fabien Bourzat, médaille d’argent, ont emmené le public en Egypte antique en contant l’histoire d’un pharaon et sa momie. Chorégraphie inventive, portés originaux, mouvements des bras méticuleux, les Français font une fois de plus preuve d’innovation. Leur programme, mêlant parfaitement difficulté technique et interprétation artistique, dégage du début à la fin une puissance de patinage remarquable. Bercy se lève des strapontins. "Le public français nous a transmis énormément d’énergie. Nous nous sommes plongés dans la musique et avons réalisé tous les éléments sans réfléchir", laisse entendre Fabian.


Fabien Bourzat et Nathalie Pechalat - Crédit photo : DR

Pas de surprise chez les couples qui ont été menés par les Russes, vice champions du monde, Tatiana Volosozhar et Maxim Trankov. Leur programme, sur la bande originale du film Black Swan, a été récompensé d’un level 4 sur la majorité des éléments. La seule tâche au tableau, un triple Twist qui n’a jamais décollé. Elle a été d’autant plus paradoxale qu’il s’agissait de leur meilleure figure. "Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé, s’étonne Maxim, mais en tout cas cette erreur ne nous a pas déstabilisé. Nous avons réussi tous les autres sauts et un beau Salchow lancé dans la deuxième partie du programme".

Une standing ovation pour Péchalat et Bourzat

La catégorie féminine a révélé la toute jeune Elizaveta Tuktamisheva, 15 ans, silhouette d’enfant et regard innocent. Sur glace, elle se transforme en reine des patins en dessinant six triples sauts d’une sûreté étonnante. Grâce à sa supériorité technique, elle bat avec un total de 182.89 points la championne d’Europe Carolina Costner, qui devra se contenter de la médaille d’argent. Maé Bérénice Meité, le jeune talent français, a terminé sixième avec une performance technique à son niveau, une chorégraphie ambitieuse et une excellente interprétation.

Sur les écrans géants au milieu de la salle, un spot rempli d’émotions invite les spectateurs à venir supporter l’équipe nationale aux Mondiaux que la France aura l’honneur d’accueillir du 26 mars au 1er avril 2012 à Nice. Tout juste douze ans après que les champions olympiques Marina Annissina et Gwendal Peizerat y ont remporté leur premier or mondial. "En 2000 je rêvais d’y être, en 2012 j’y serai. Mon cœur va battre à 200 à l’heure, ça sera impressionnant", laisse entendre Brian Joubert. Maé Bérénice couronne le film : "Ces championnats du monde, je les attends et je vous y attends". Parce que les Français ont besoin de leurs supporteurs. Parce que "Nice is nice".



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Le 3 décembre 2011

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