Le 6ème forum mondial de l’Eau se tenait à Marseille du 12 au 17 mars derniers. 80 jeunes gens venus du monde entier ont participé à cette occasion au Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau. Témoignages d’une jeunesse responsable qui prepare le monde de demain.

Quelques jeunes du PMJE en route pour Marseille, avec leur parrain, Yann Arthus-Bertrand - Crédit photo : AFD
Michèle Okala Abega est camerounaise. Elle a 23 ans. La dernière fois qu’elle a vu couler l’eau du robinet remonte à deux ans. Autour d’elle, des enfants, des familles entières, sont tombés malades faute de pouvoir s’hydrater correctement. Elle est impliquée dans un projet sur l’accès à l’eau potable pour tous à Yaoundé. Après Marseille, elle a l’intention de faire passer des messages de sensibilisation dans les média de son pays.
Agée de 21 ans, Lalitha Kusuma est une infirmière indienne. Les habitants de son petit village d’ Andra Pradesh sont régulièrement affectés par les maladies hydriques : “ Nous vivons près de la rivière et nous dépendons de la saison des pluies. En raison de la déforestation, nous subissons aussi beaucoup d’inondations qui apportent la typhoïde et le choléra. De plus, le manque d’assainissement et l’eau polluée favorisent les moustiques, vecteurs de paludisme et de dengue” déplore-t-elle.
La vietnamienne Huyen Tram Tuong, 20 ans, fait remarquer que dans son pays l’eau se dit “ nuoc”. Un mot à sens multiple,puisqu’il signifie aussi “le pays natal”, “la patrie”, “le gouvernement.’’ Autant dire que l’eau est au centre des preoccupations. “C’est un mot qui occupe une grande place dans la vie spirituelle des Vietnamiens’’ précise-t-elle. Fondatrice de Hanoi vert, elle prépare un projet de “filtres à eau” pour les habitants utilisant l’eau du fleuve Rouge. De retour au Vietnam, elle pense ouvrir un’’ Café des Echanges’’ dont le but serait d’économiser l’eau virtuelle, c’est à dire les volumes d’eau nécessaires à l’élaboration d’un bien de consommation.
Rashen Fernando a 19 ans. Il vient d’un village sri lankais entièrement détruit par le tsunami de 2004. Avec le mouvement de jeunesse dont il fait partie, il a aidé à alimenter en eau potable les familles sinistrées et réalisé des études de faisabilité pour le rétablissement des structures d’assainissement. Il étudie la thématique de l’eau et de la santé à l’université. “Le Sri Lanka est riche en eau mais beaucoup d’habitants n’ont peu ou pas accès à l’eau vraiment potable et souffrent de maladies hydriques.” constate-t-il.
A 23 ans, Saja Khaldon Kashman est la première diplomée jordanienne en ingéniérie de l’eau. Elle poursuit actuellement un master spécialisé à l’université de Cologne. Elle se sent particulièrement concernée par la problématique transfontalière de l’approvisionnement en eau, ainsi que par les processus de dessalement tout à fait cruciaux dans sa région.
Hiroki Sato a lui aussi 23 ans. Il est le fondateur de plusieurs groupes d’étudiants environnementalistes à la faculté de médecine d’Asahikawa, au nord du Japon. S’inspirant de la coutûme traditionnelle du “Uchimizu”, il a organisé plusieurs opérations de rafraîchissement en déversant des bouteilles d’eau recyclée dans les espaces publics. Ce qui contribue à réduire les émissions de Co2 produites par les systèmes d’air conditionné. Son engagement future s’ articulera autour de la problématique santé, gouvernance de l’eau et changement climatique.



