Solidays V/S Mondial

La huitième édition du festival de Musique Solidays, organisé par l’association Solidarité Sida, s’est terminée le 9 juillet dernier. Sous un ciel relativement clément et malgré une finale de coupe du monde qui aurait pu nuire à sa fréquentation, le festival a finalement atteint ses objectifs : plus de 130 000 festivaliers se sont réunis pour faire toujours plus de bruit contre le sida.

Soixante artistes ont participé, le week-end du 7, 8 et 9 juillet, au festival Solidays. Stars françaises ou internationales, de Louise Attaque à Macéo Parker, en passant par le Saïan Supa Crew ou Archive, tous sont venus offrir leur talents pour réunir les amoureux de musique autour d’un même combat : la lutte contre le sida. Pourtant, malgré la qualité de la programmation, le festival ne s’annonçait pas vraiment comme un franc succès...

Un succès de dernière minute

Il faut bien l’admettre, au premier jour du festival, l’hippodrome était loin d’afficher complet et les organisateurs des Solidays se sont fait une belle peur. Quelques jours avant le début, les réservations étaient encore en baisse de 5 % par rapport à 2005. Pendant l’évènement, des bénévoles vont jusqu’à haranguer la foule : « N’hésitez pas à motiver vos amis, vos proches, tous ceux qui ne se sont pas encore décidé, il reste toujours des places et l’objectif n’est pas encore atteint ! ». Leur but : récolter 1,3 millions d’euros pour la lutte contre le sida. Finalement, le festival a réussi à attirer 130 000 visiteurs sur les trois jours. Malgré un début difficile, l’objectif semblait donc atteint et Luc Barruet, directeur-fondateur de Solidarité Sida, déclarait avec soulagement, samedi soir : « Nous devrions combler le retard de billetterie enregistré en début de festival. Nous sommes vraiment contents. Il y a quelques jours, on n’y croyait pas, on était vraiment en retard sur nos prévisions. »

Un concurrent inattendu : la finale du Mondial

Il faut dire que Les Solidays ont eu affaire, cette année, avec un paramètre non négligeable : la finale de la coupe du monde de football opposant la France à l’Italie. Devant les prévisions moroses de la fréquentation 2006 du festival, les organisateurs ont décidé de retransmettre sur deux écrans géants cette finale afin de ne pas décourager d’éventuels festivaliers encore hésitants. La programmation du dimanche soir a donc été complètement bouleversée au profit de l’événement. Ainsi, à 20h00, coup d’envoi du match, tous les concerts se sont arrêtés pour reprendre une fois la finale terminée. Bouleversement de dernière minute qui n’a pas été sans poser quelques difficultés logistiques puisque la fermeture des portes de l’hippodrome, initialement prévue à minuit, a été reportée à 2h du matin.
 
Toujours plus de bruit contre le sida

L’effervescence attisée par la finale de coupe du monde n’a pas fait oublier pour autant aux festivaliers la raison de leur présence au Solidays : « faire toujours plus de bruit contre le sida ». D’ailleurs, si des panneaux publicitaires exhibent le visage radieux du Zidane de 98, c’est pour mieux porter l’attention sur le slogan qui l’accompagne : « Nous aussi nous aimerions crier victoire. Des médicaments pour tous ». En effet, le mot d’ordre majeur de cette huitième édition était l’accès du Tiers-Monde à la trithérapie. Une revendication chère au Solidays que Luc Barruet entend porter sur la scène politique des prochaines élections présidentielles. Témoin de cette volonté, la visite de personnalités politiques comme le ministre de la santé Xavier Bertrand ou des présidentiables socialistes tels que Dominique Strauss-Kahn et Jacques Lang. Un véritable symbole pour cette édition 2006 : même pour les politiques, le football n’a pas complètement effacé l’enjeu du Sida !



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Le 15 juillet 2006

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